Mot du président

Dr Chafik Chraibi

  • Professeur de gynécologie obstétrique - chef de service, maternité des orangers -C.H.U de Rabat
  • Président fondateur de la société marocaine des maladies du sein (SMMS)
  • Président fondateur de l’Association Marocaine de Lutte contre l’Avortement Clandestin (AMLAC)
  • 1er vice président de la société royale marocaine de gynécologie obstétrique
  • Médaille VERMEIL de l’Académie Française des Arts, Sciences et Lettres. Paris - Avril 2007
  • 150 à 200 avortements clandestins sont effectués chaque jour dans des conditions sanitaires catastrophiques par des infirmières, sages-femmes, kablates, faiseuses d’anges, etc. Le coût est certes moins élevé mais les complications très graves. Selon l’OMS, 13% de la mortalité maternelle est imputée à l’avortement. 

    Et encore, ces statistiques sont très largement sous-estimées, étant donné l’illégalité de l’acte et le caractère tabou du sujet. Elles ne prennent pas en compte le grand nombre de suicides liés aux grossesses illégitimes. En outre, le mal va parfois bien au-delà de l’avortement. Car quand elles échappent à la mort, bon nombre d’accouchées garderont des séquelles organiques (stérilité, entre autres) et psychiques (dépressions).

    Face à cette situation, l’Association Marocaine de Lutte contre l’Avortement Clandestin (AMLAC) créée en 2008  propose quelques pistes de réflexion :

    - Mettre l’accent sur la prévention en encourageant une éducation sexuelle au profit des jeunes gens et des jeunes filles au sein de la famille, des établissements scolaires, universitaires et de formation professionnelle, des maisons de jeunes, d’associations de quartier, etc. ou par les médias.

    - Faciliter l’accès à des moyens contraceptifs efficaces et pourquoi pas, à la pilule d'urgence, sous contrôle médical.

    - Actualiser et d’assouplir la loi sur l’avortement, comme l’ont fait plusieurs pays, dont la Tunisie. Au Maroc, la loi actuelle n’autorise l’avortement qu’en cas de pathologies maternelles graves, pouvant mettre en danger la vie de la mère ou de l’enfant. Il serait judicieux d’étendre cette précaution aux pathologies fœtales et certaines situations sociales. Il faudrait aussi que le législateur permette d’interrompre une grossesse consécutive au viol ou à l’inceste, par exemple. Évidemment, cet assouplissement de la loi sur l’avortement devra être étroitement cadrée et entourée de garde-fous très stricts : les indications d’interruption de grossesse devront être minutieusement définies par un comité d’éthique et, sauf cas exceptionnels, fixées par la loi. En tout état de cause, l’avortement ne devrait pas intervenir au-delà de deux mois de grossesse.

    L’AMLAC ne  cherche  nullement à  encourager la liberté des mœurs ni de libéraliser l’avortement mais simplement de donner un cadre légal strict à un phénomène qui existe de fait et engendre des complications et des drames dont la société civile et notamment  les gynécologues sont témoins au quotidien.


    Objectifs

    Briser le tabou en débattant au niveau national du problème de l’avortement clandestin et ses nombreuses conséquences.

    Sensibiliser le corps médical, les femmes et les jeunes filles, l'opinion publique et les média audio-visuels contre les risques liés à l'avortement.

    Dénoncer aux autorités, en se constituant partie civile, les pratiques barbares (sources de complications tragiques).

    Plaider auprès des responsables politiques afin de proposer au parlement un amendement de la loi jugée inadaptée à notre contexte médico-social.


    Partenaires





    Comité de Soutien