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Chafik Chraïbi, Président de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin

Au Maroc, une nouvelle génération a pris les devants sur des chantiers d’avenir. Jeune Afrique a dressé le portrait de 20 femmes et hommes amenés à jouer, demain, un rôle déterminant dans le royaume. Chafik Chraïbi, Président de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin, en fait partie.
Un grand débat sur la légalisation de l’avortement, unissant pour la première fois ministère de la Santé, oulémas et représentants des droits de l’homme… Merci qui ? Merci professeur Chraïbi !
« Depuis que j’ai commencé à exercer, au début des années 1980, je voyais tous les jours des femmes venir à l’hôpital avec des complications postavortement, d’autres qui accouchaient et prenaient la fuite en abandonnant leurs bébés, témoigne ce gynécologue-obstétricien de 58 ans. Tous les jours, on nous amenait des nourrissons trouvés dans la rue. À la fin, je n’en pouvais plus. J’ai décidé de me révolter. » En 2007, il publie une tribune dans l’hebdomadaire TelQuel et demande l’amendement de la loi qui interdit (sauf si la santé physique de la mère est en danger) l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Objectif : pousser le législateur à prendre aussi en considération la santé morale de la mère. Cette année encore, le médecin trublion a été brièvement écarté de son poste de chef de service au CHU de Rabat après avoir participé, en février, à un reportage télé sur l’avortement. Néanmoins, son combat semble enfin porter ses fruits : le 16 mars, le roi a annoncé se saisir du dossier.

Auteur: Jeune Afrique